Fascination en quizz

Il y a peu, j’ai participé à l’agrégation de données personnelles sur un site de tests psychologiques et l’expérience que j’en ai tiré m’amène à ce discours. M’y rendant poussée tant par la curiosité que par un certain dédain pour l’intérêt qu’une proche y avait porté, j’ai commencé quelques questionnaires qui m’entrainèrent bien malgré moi à la centaine d’autres auxquels je répondis par la suite. Au début assez réticente à la catégorisation des tests proposés en fonction de mon genre, je finis par y succomber totalement en jouant le jeu du rôle risible que l’on me suggérais. Et si au bout de quelques jours j’essayais de me convaincre que l’attrait que ces formulaires opéraient sur moi était due à une étude sérieuse que je tâchais d’entreprendre sur l’instant pour établir la raison qui faisait qu’un algorithme construit pouvait me connaître mieux qu’un être humain. Il me fallut une semaine de plus pour appréhender l’objet réel de cet engouement. Car la fascination que les formulaires induisent est moins due à l’identification qu’à la reconnaissance par une entité extérieur de l’ego propre, quand bien même celui-ci serait caricaturé. Pour l’expliquer autrement, les questionnaires auxquels je répondis m’apportèrent des réponses que je connaissais depuis longtemps. Pour ainsi dire, je répondais au test non moins pour vérifier ma capacité à me comprendre que pour m’assurer la faculté d’autrui à me penser. Car si un algorithme était apte à me cerner, il était logique d’en exiger l’équivalent de la part d’entité humaine. Et combien étais-je déçu lorsque les réponses, amenées par des questions maladroites, touchaient à côté.
Ainsi, les questionnaires répondait à ma brulante envie d’externalisation de mon ego et de sa réception dans l’espace au delà du moi, mais il serait traitre de penser qu’ils aient pu être d’une quelconque manière justes. Pour la seule raison qu’étant ancré dans des catégories globales qui me faisaient portés les rôles attendus pour mieux m’y décrire, les tests étaient truqués. Et sans duperies, les algorithmes définissaient mes portraits caricaturaux pour mon plus grand plaisir. Car si l’on craint à affronter son portrait, on confronte plus facilement son être à un miroir déformant, parce que de lui, au moins, nous pouvons rire sans heurts douloureux.