Risquons nous de perdre notre mémoire numérique ?

Cette réflexion, datant de 2013, s’intéresse aux enjeux de conservation et de tracéologie de la mémoire numérique.

Introduction

Cette question posée par l’émission radiophonique de «France Culture» datée du 7 septembre 2013 propose à trois invités issues de différentes spécialités d’y répondre. Jean Baptiste de Cley, ethnologue au musée Guimet et spécialiste de la conservation des jeux vidéo explique les spécificités de la préservation de ce média. En tant que musicien électronique, André Guerseaux développe l’histoire de la préservation et de la transmission des partitions et instruments numériques. Enfin, Sylvain Lambroso, expert de la mémoire numérique sur internet, avance les enjeux de juridictions du web, de la possession et du stockage des données.

À partir des discours de ces trois intervenants, j’ai taché d’étudier les natures de la mémoire numérique, ces acteurs et enjeux et les formes que prennent les méthodes de conservation ainsi que leur légitimité. Cinq points sont à retenir de l’article que j’ai rédigé. En premier lieu, l’importance du travail des amateurs dans la préservation d’objets, de savoirs et de logiciels numériques par l’intelligence collective. Deuxièmement, les danger que la juridiction peut représenter dès lors qu’elle restreint l’accès aux contenus et par la même les condamne à l’oubli. En troisième lieu, on remarquera l’enjeu primordial que représente la contextualisation du web qui module notre plasticité cérébrale et notre rapport à la réalité tangible. Vient ensuite la place de l’usager dans l’utilisation de ses données personnelles et la nécessité d’un contrôle par lui même sans tomber dans les travers de biographies humaines en tant que support archéologiques. Enfin, il est nécessaire de comprendre la mémoire numérique comme un ensemble de gestes, de support et de matériel physique plutôt que de le restreindre à une existence intellectuelle.

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